Puissions-nous à jamais ressentir le feu littéral
Celui, qui, au son d’une phrase nous enflamme,
Nous affranchis des injonctions de la morale,
Puis nous enlumine le cœur, les rires et les larmes.
Puissions-nous toujours jouir de cette liberté
De rêver, de dire, de hurler
Qu’une fois, enfin, un ange nous a touché
Et que le gris de notre âme s’est coloré.
Puissions-nous jamais nous empreindre
Ou nous résoudre à perdre notre quintessence,
Cette perle, cette force sans laquelle on peut feindre
La beauté, la magie, notre propre essence.
Puisse faire l’audace nous insurger contre le non,
Clamer à l’autre ce qui nous brûle,
Peindre son âme, en faire une chanson,
Puis décimer l’inertie et la peur du ridicule.
Puissent les oiseaux nous apprendre à voler,
Visiter les cieux, écouter leurs maximes,
Leurs battements de cœur, tous leurs secrets,
O combien divins, mais avec lesquels jamais l’homme ne rime.
Puissions-nous jamais connaître l’atrophie de l’évanescence,
L’étiolement de la folie, de cette chimère,
La tiédeur, ce misérable pas de danse,
Qui nous endort un jour, une nuit, et nous enterre.
Que le feu nous conduise encore et toujours
Vers ce ruisseau enchanteur d’innocence.
Qu’il transforme nos doigts en griffes de velours
Et exulte à jamais ce qu’il nous reste de démence.
Dido,
2004
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